11- Intervention de Mitia FEDOTENKO

Après avoir été voir la pièce de théâtre S’embrasent, et après l’intervention de Stéphane LAUDIER, nous avons accueilli un danseur Russe, nommé Mitia FEDOTENKO. Mitia est la dernière personne à être intervenue dans notre projet théâtre.

Lorsque nous sommes arrivés, il s’est présenté. Il nous a dit qu’il vivait en France depuis dix-sept ans, qu’architecte à la base, il s’intéresse depuis toujours à l’espace et au rapport du corps à l’espace. Il a beaucoup pratiqué les Arts Martiaux.

Mitia nous a surtout fait travailler sur le centre de gravité du corps, qui est à cinq centimètres en dessous du nombril, qui est le point charnière de l’axe. Nous nous sommes assis par terre en formant un cercle. Ensuite, il nous a fait masser nos pieds jusqu’à remonter au niveau des jambes pour prendre contact avec notre corps. Nous avons continué notre échauffement en suivant les consignes suivantes : se mettre accroupis et se relever d’un coup sans perdre l’équilibre. Ensuite, il fallait nous mettre accroupis tout en gardant les talons collés au sol. A ceux qui n’y sont pas arrivé, il a conseillé de mettre les bras en avant, ce qui leur a permis de rester en équilibre.

Il nous a aussi appris à gérer l’espace. Pour cela, nous avons fait un premier exercice. Nous nous sommes déplacés dans toute la pièce avec pour règles de ne pas nous toucher et de marcher sans décoller nos talons du sol. Mitia nous a demandé de combler tous les vides, il voulait que nous ne soyons pas tous répartis aux mêmes endroits. Nous avons continué cet exercice mais en ajoutant une règle : à chaque fois que l’on croisait une personne, on devait lui dire « Bonjour » avec les yeux. Il a ensuite instauré une autre consigne pour ce jeu : celle des « cinq vitesses ». Nous devions marcher à différentes allures jusqu’à courir. Puis Mitia a composé deux groupes dispersés dans la salle. Le premier groupe devait marcher doucement autour et entre les personnes du second groupe. Quand Mitia claquait des doigts la première fois, le groupe devait s’arrêter et au deuxième claquement de doigts, l’autre groupe devait faire la même chose. Le premier groupe devait alors s’arrêter immobile, et représenter comme des obstacles pour le second groupe en mouvement. Cette fois-ci, le jeu était plus compliqué, nous devions combiner trois actions : nous déplacer, écouter pour entendre Mitia et ne pas toucher les autres. Cela parait simple mais ce n’est pas le cas. Pour calmer les esprits, il nous a fait nous allonger au sol et fermer les yeux. Puis nous avons dû nous lever, le plus rapidement possible, en gardant bien l’équilibre sur nos deux pieds avec les yeux fermés. Et de nouveau nous allonger en essayant de mettre nos bras et notre dos en même temps au sol.

Après une courte pause, nous avons fait un exercice de confiance. Mitia nous a demandé de former des binômes. Le premier membre devait guider l’autre qui était aveuglé, simplement par le contact, sans lui parler. Avant de commencer, il nous a fait une démonstration avec Nathan. Lorsqu’on accompagne une personne au sol, nous a-t-il dit, cela fait penser aux rapports que l’on a avec notre petit frère ou notre petite sœur et même parfois avec une personne âgée, par exemple avec un grand parent.

Mitia nous a appris que la danse est essentiellement du contact et de l’écoute et qu’elle permet de faire passer des émotions. La différence entre la danse et le patinage artistique, nous a-t-il dit, c’est que le patinage est une compétition, contrairement à la danse, qui n’est ni une compétition ni un sport, mais un art.

Un sentiment, a-t-il ajouté, n’est pas forcement visuel, on peut ressentir un sentiment sans le voir. Il nous a expliqué que lorsque nous dansons, nous exprimons un seul sujet, que les danseurs dansent généralement autour d’un seul mot, la guerre par exemple. Il nous a dit que pour lui il n’y avait pas besoin de paroles, que tout pouvait passer par le contact et la pensée.

Emma et Gaëlle, 4ème 1